2015. e-mémoires de l’Académie Nationale de Chirurgie, 14 (3) : 089-094

Pélissier E, Ngo P. Les douleurs chroniques après cure de hernie : une marge progression

Cet article fait le point sur la douleur chronique observée dans certains cas après cure de hernie inguinale. Globalement, elle survient dans 10 à 12% des cas et elle peut être invalidante dans 0,5 à 6% des cas. Certains sujets ont plus de risque que d’autres d’en faire l’expérience, notamment les femmes, les hommes jeunes ou les personnes dont la hernie est douloureuse. Le traitement de la douleur chronique installée fait appel en premier aux méthodes non chirurgicales par les centres de traitement de la douleur et en second recours à la réintervention. Il est difficile et ne donne pas toujours de bons résultats. Pour cette raison, la prévention par le choix de la méthode chirurgicale de première intention revêt une importance capitale. Les techniques de réparation par une incision directe avec pose d’un filet de renforcement appliqué sur la paroi musculaire (technique de Lichtenstein) comportent un risque de douleur plus élevé que les techniques dans lesquelles le filet prothétique est placé à la face profonde des muscles (techniques prépéritonéales). Ceci s’explique par le fait que les sutures nécessaires pour fixer la prothèse sur les muscles, peuvent léser des filets nerveux présents dans le canal inguinal, alors que la prothèse placée en profondeur nécessite moins de fixation et n’est pas en contact avec les nerfs. Les études comparatives par tirage au sort ont bien montré que le pourcentage de douleur chronique et de troubles de la sensibilité est significativement moindre avec les techniques prépéritonéales qu’avec la technique de Lichtenstein. Les techniques prépéritonéales peuvent être pratiquées par coelioscopie (TEP, TAPP) ou par incision directe à minima (TIPP).

Lien : http://www.academie-chirurgie.fr/ememoires/005_2015_14_3_089x094.pdf