Hernie inguinale

COMMENT SE PRODUIT LA HERNIE INGUINALE ?

Hernie inguinaleL’aine est un point de faiblesse de la paroi abdominale.

Il existe à ce niveau un écartement des muscles, plus ou moins marqué. Quand cet écart est important la paroi entre les muscles n’est formée que par une fine membrane appelé fascia.

En outre, chez l’individu de sexe masculin la paroi est encore affaiblie par le passage du cordon spermatique, qui relie le testicule à l’intérieur de l’abdomen.

Les tissus s’affaiblissant avec l’âge la hernie devient plus fréquente, mais elle peut aussi bien se voir chez l’enfant et chez l’adulte jeune et musclé.

COMMENT FAIT-ON LE DIAGNOSTIC D’UNE HERNIE INGUINALE ?

Habituellement le diagnostic de hernie inguinale se fait par le seul examen physique : la hernie inguinale peut être visible sous forme d’un gonflement au niveau du pli de l’aine.

En demandant au patient de tousser le médecin perçoit au doigt l’impulsion de la hernie qui s’extériorise et en introduisant le doigt dans la peau des bourses, il accède à l’orifice herniaire. Aucune radio ni échographie n’est alors nécessaire.

Parfois la hernie inguinale au début de son évolution ne s’extériorise pas bien et une échographie peut être utile.

Pour distinguer une hernie inguinale d’une pubalgie du sportif, on peut dans les cas difficiles avoir recours à l’IRM.

EN QUOI CONSISTE LE TRAITEMENT DE LA HERNIE INGUINALE  ?

Le traitement de la hernie consiste à fermer l’orifice herniaire et à renforcer la zone de faiblesse pour éviter la récidive.

Pour ce faire on dispose de plusieurs techniques que l’on peut schématiquement distinguer en deux procédés de base : les procédés de suture et les procédés de prothèse.

Les procédés de suture consistent à rapprocher les bords de l’orifice par des points de suture. Ce rapprochement se fait sous tension ; la tension est responsable d’une douleur post-opératoire assez vive durant plusieurs jours, qui entraine une durée d’invalidité assez longue. En outre, elle peut entrainer une déchirure responsable de récidive de la hernie. Le taux de récidive est de l’ordre de 10%. Sauf cas particulier, ces procédés sont abandonnés chez l’adulte.

Hernie inguinaleAu contraire, la mise en place d’une prothèse formée d’un fin treillis souple et solide, permet d’obturer l’orifice sans rapprocher ses bords, donc sans tension (procédés dits « Tension-free). La douleur est beaucoup moins importante et le risque de récidive de l’ordre de 1%.

En savoir plus

Le filet prothétique qui obture l’orifice herniaire peut être placé à la face superficielle de la paroi musculaire ou à sa face profonde.

La prothèse placée à la face superficielle (technique de Lichtenstein) tend à être séparée de la paroi par l’effet de la pression intra-abdominale, lors des efforts, ou simplement de la toux et de la défécation. Par conséquent, elle doit être fixée solidement au plan musculaire par des sutures ou des agrafes.

Ces moyens de fixation peuvent traumatiser des filets nerveux et donc causer des douleurs qui peuvent parfois durer des mois ou des années. Même si on remplace les sutures par de la colle, le seul contact de la prothèse au niveau des nerfs peut entraîner une inflammation chronique responsable de douleurs. Le pourcentage de douleur chronique est de l’ordre de 10 à 12%.

Lorsque la prothèse est placée à la face profonde du plan musculaire, dans l’espace compris entre paroi et péritoine (espace pré-péritonéal ou extra-péritonéal), la pression abdominale exerce au contraire un effet favorable en appliquant la prothèse contre la paroi, de sorte que l’on peut fixer au minimum ou pas du tout et minimiser ainsi le risque de douleur. En outre, la prothèse est séparée des nerfs du canal inguinal par le plan musculaire.

Plusieurs études ont montré que la prothèse pré-péritonéale provoque une douleur postopératoire minime, peu de douleur chronique et une meilleure qualité de vie.

Hernie inguinale

Nous plaçons toujours la prothèse de renforcement en position profonde pré-péritonéale. Nous pouvons pratiquer deux techniques.

La cœlioscopie qui consiste à pratiquer l’intervention au moyen de trocarts introduits par des petits trous ; la vision étant assurée par une caméra. C’est la technique la moins invasive.

La technique TIPP, par une courte incision directe, qui offre l’avantage de pouvoir être pratiquée sous anesthésie générale légère, ou rachianesthésie, ou anesthésie locale.

QUEL PROCÉDÉ CHOISIR ?

  • Un procédé sans tension, qui donne moins de douleur post-opératoire, permet une reprise immédiate des activités courantes, une reprise du travail rapide et un risque de récidive de l’ordre de 1%, nettement inférieur à celui des procédés de suture.
  • Un procédé sous-péritonéal, la prothèse placée à la face profonde des muscles, étant appliquée par la pression abdominale, ne nécessitant pas ou peu de fixation, comporte un risque de douleur chronique plus faible que la prothèse superficielle, type Lichtenstein.

QUE PROPOSE L’INSTITUT ?

La méthode préférée est la coelioscopie, procédés TAPP (Transabdominal Prepritoneal Approach) ou TEP (Total Extra Peritoneal).
Lorsque l’anesthésie générale est contre-indiquée en raison de l’état de santé du patient, ou si l’anesthésie locale est un choix du patient, la prothèse peut être placée dans l’espace pré-péritonéal par une courte incision directe, par la méthode dite TIPP (TransInguinal PrePeritoneal).